De l’abstentionnisme

Je vois souvent passer des messages d’abstentionnistes outrés qu’on ose leur reprocher de ne pas voter.

listen here u lil shit

Le vote, c’est le seul moyen direct, en tant que citoyens français, qu’on ait pour peser dans les décisions de notre gouvernement — qui, peut-être dois-je le rappeler, nous gouverne.

Pour les élections présidentielles, nous avons la chance d’utiliser le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Retenez bien ce nom : c’est ça qui emmerde tout le monde, tous les 5-7 ans, depuis des décennies. Ça veut dire qu’on vote pour une personne, et que pour gagner les élections, il faut au moins 50% des voix. Ce qui se déroule donc, en principe, sur deux tours.

Pendant le premier tour, vous votez pour qui vous voulez. Si vous vous sentez mal représenté, c’est dommage, mais vous avez des chances de trouver quelqu’un qui vous représente assez bien ; et après tout, le président ne décide pas de tout, on pourra toujours voter pour quelqu’un d’autre aux législatives.

Pour le second tour, ça dépend. Peut-être que vous avez de la chance et que votre candidat se retrouve au second tour : chouette, chouette. On peut voter pour lui, tout est simple. Mais peut-être pas. Peut-être que vous allez devoir voter pour quelqu’un d’autre. Gasp. Quelqu’un avec qui vous n’êtes pas d’accord.

Mais que faire ? Je ne vais quand-même pas voter pour le moins pire ? Ça m’est impossible !

Breaking news : à un moment ou un autre, il faut bien choisir quelqu’un. Et pas de bol, dans le système électoral de la Cinquième République, on termine avec un stand-off, parfois entre deux ripoux. Le système en est bien conscient, c’est juste comme ça que ça fonctionne. Que vous votiez ou pas, le système il va continuer comme ça, jusqu’à ce que vous votiez pour quelqu’un qui veut le changer. On aurait pu vivre dans un pays où on classe les candidats par ordre préférence, et où il n’y a qu’un seul tour. Tough shit, c’est pas le cas.

L’abstention, c’est la manière la plus feignante de protester. Je n’ai rien contre le vote blanc, qui au moins indique une volonté de changer quelque-chose. Mais si vous voulez vraiment avoir un impact, votez, putain. Votez pour le moins pire. Votez pour quelqu’un qui veut changer les choses aux législatives. Appelez vos représentants. Écrivez. Parlez. Faites quelque-chose.

Mais par pitié, ne restez pas chez vous, les bras croisés, à vous vanter sur Twitter que vous n’avez pas exercé votre devoir ce citoyen digne de ce nom.